Catherine ROLANDIN intervient sur l’accueil des migrants

Antoine Cressard intervient sur la construction du Groupe Scolaire Europe-Rochester
23 septembre 2019
Amélie DHALLUIN intervient su la revitalisation du Centre-Ville
23 septembre 2019
Afficher tout

Catherine ROLANDIN intervient sur l’accueil des migrants

4 ROLANDINMadame la Maire,
Chers collègues,
L’actualité de ces dernières semaines m’amène à intervenir une fois encore sur la question migratoire et plus
particulièrement sur ses conséquences, notamment l’accueil des migrants dans notre ville.
En effet, cette problématique s’impose régulièrement dans notre actualité municipale et à chaque fois met en
évidence ses anomalies ou ses dysfonctionnements. Déjà en septembre 2014, j’intervenais sur la situation
de migrants installés durant tout l’été dans un camp de fortune à Cleunay et finalement expulsés. Des
événements semblables ont jalonné ce mandat avec l’apparition de squats d’abord illégaux, puis régularisés
et finalement expulsés ; la mise à disposition de gymnases et de bâtiments municipaux pour mettre à l’abri,
provisoirement, des populations dont on ne sait pas quoi faire.
Vous me direz que vous n’êtes pour rien dans ces situations. C’est vrai ! Qu’elles sont la conséquence de la
gravité de la situation internationale qui pousse des populations toujours plus nombreuses à fuir leur pays et
pour terminer, vous ajouterez que tous les maux relatifs aux questions migratoires sont la résultante des
politiques de droite calamiteuse en la matière. Je pourrais si j’ose dire, vous retourner le compliment en vous
disant que je n’ai pas le sentiment que la situation des migrants dans notre pays ne se soit améliorée entre
20122 et 2017 mais ne serions pas très avancés et cela serait indigne face à la gravité du sujet. En effet tout
ce qui concerne ies questions migratoires est difficile car cela concerne des personnes et qu’il est temps
d’avoir dans notre pays une politique migratoire cohérente. Il est temps de ne plus faire de ce sujet un
chiffon rouge que l’on agite au gré des scrutins, il est temps que l’on objective enfin le débat sur ce sujet. Il
faut sans doute formuler les choses avec précision sur l’immigration d’une manière générale.
L’immigration se compose de plusieurs phénomènes :
Le droit d’asile qui est un dispositif qui répond à des engagements conventionnels de la France qui
accorde sa protection à des ressortissants étrangers menacés dans leur pays d’origine. Cj est 1 droit
individue! au sens qui! se rattache à un individu et pas à un groupe de personnes. Quand une
personne obtient la protection de la France elle devient donc 1 réfugié et a le droit de vivre sur notre
territoire. Les demandes de droit d’asie augmentent sensiblement : 61 468 dossiers déposés en
2012, 100 412 déposés en 2017 avec seulement 24 000 protections accordées par l’OFPRAet
9 000 000 supplémentaires accordées en appel par la CNDA soit 33 000 au total.
L’immigration régulière, elle aussi est en forte progression. Elle concerne 262 000 personnes en
2017 contre 190000 en 2012. On voit d’ailleurs dans ce domaine les premiers effets importants des
lois votées par le gouvernement précédent qui a ouvert un certain nombre de possibilités à
l’immigration régulière, Ces régies établies par l’Etat traduisent une volonté politique et doivent nous
conduire à nous poser certaines questions. Faut-il conserver un tel niveau d’immigration régulière ?
Groupe Alternance 2020, Hôtel de Ville, CS 63126, 35031 Rennes Cedex
Sommes-nous en capacité d’accueillir autant dans de bonnes conditions car derrière cette question
se pose celle de l’intégration, sujet essentiel de l’immigration.
L’immigration irrégulière qui est par nature difficile à quantifier. Pour le faire, nous disposons d’un
critère, l’AME qui est un dispositif dont bénéficient les personnes en situation irrégulière sur le
territoire français depuis plus de 3 mois, 311 000 personnes en ont bénéficié en 2017 mais toutes
les personnes entrant illégalement sur notre territoire ne sont pas malades et ii est donc plus
vraisemblable de penser que l’immigration irrégulière concerne 450 à 500 000 personnes sur le
territoire métropolitain. Cette immigration irrégulière est alimentée par les déboutés du droit d’asile
qui ne repartent pas sur leur territoire d’origine car la France expulse très peu, elle ne réussit pas à
faire appliquer les OQTF pour des raisons de procédures ou pour des raisons liées aux difficultés à
obtenir des pays -sources, les laisser-passer consulaires indispensables au retour des étrangers
dans leur pays d’origine.
Voilà pour ce qui décrit ia situation migratoire au niveau national.
Mais qu’en est-il à Rennes exactement et plus particulièrement de la situation des 400 migrants dont de
nombreux enfants logés sous des tentes aux Gayeulles ? Une grande majorité d’entre eux seraient d’origine
albanaise et géorgienne,  pays jugés sûrs par l’OFPRA et dont les ressortissants sont systématiquement
déboutés du droit d’asie. Pourquoi donc sont-ils demandeurs d’asile ?
Ne doit-on pas se demander si !es politiques de notre ville en matière d’accueil ne créent pas un véritable
appel d’air en donnant le sentiment que l’on peut venir à Rennes, que l’on y sera aidé, logé, même très mal,
parfois au détriment d’autres populations qui sont, elles, éligibles au droit d’asie ?
Car à Rennes la situation s’aggrave, la pression migratoire est très forte et nous ne disposons pas de
structures d’accueil illimitées. Certes nous avons toute notre place à prendre dans l’accueii des plus fragiles
de ceux que la guerre jette sur les routes. Mais doit-on ie faire n’importe comment et sans respecter !a loi ?
Sans doute ceia est-il tentant pour rassurer des amis politiques indispensables pour gagner des élections et
partisans d’accueillir tout le monde. Mais accueillir pour laisser ensuite « dans la nature » des individus
dénués de tout au milieu d’une population dont ils envient les « richesses » auxquelles i!s ne pourront jamais
accéder faute de possibilité d’intégration ? Cela soulève aussi la question d’une délinquance qui viendra
inévitablement, car ceux qui n’ont rien sont condamnés à se « débrouiller » pour survivre. Et voilà une
situation qui ne manquera pas d’alimenter le fonds de commerce des bonimenteurs extrémistes qui ne
veulent accueillir personne.
Entre ces 2 postures, accueillir tout le monde ou n’accueillir personne il y a sans doute une 3 voie qui doit
nous conduire à un effort de lucidité puis de responsabilité. Être responsable c’est faire ce qui est notre
devoir d’humanité et de fraternité pour apporter une solution à des problèmes qui sont parfois des détresses
humaines et familiales absolument considérables. Mais c’est aussi tes mettre en regard avec les moyens
dont nous disposons. En effet, à quoi cela servirait-il d’afficher de bonnes intentions et de grands principes si
derrière cela nous créons de la frustration à hauteur de ces grands principes ? Nous créerons de ta
frustration non seulement chez ies demandeurs d’asile que nous ne traitons pas comme le voudrait la dignité
humaine, mais aussi chez un certain nombre de nos compatriotes. Accueillir dignement, c’est aller bien audelà
des effets d’annonce et des éléments de communication. La solidarité, la fraternité, oui !!!!! Mais dans le
respect des règles pour que cela ne profite pas non plus à des réseaux de passeurs qui vivent de cette
misère.
Sans respect de ces principes, des épisodes comme celui que nous vivons aux Gayeulfes seront de plus en plus nombreux

et des enfants dormiront à la rue, même à Rennes.

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *