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Catherine Rolandin intervient sur la Nuit de la Solidarité

4 ROLANDIN

Madame la Maire,

Chers collègues,

Malgré une politique de solidarité mise en œuvre par son Centre Communal d’Action Sociale, le travail d’associations et l’engagement de nombreux bénévoles dont il faut saluer le travail, les personnes en situation d’errance, sans domicile ou mal logées sont de plus en plus nombreuses dans notre ville.

C’est une réalité visible et indiscutable. Elle s’explique, entre autres, par la fragilisation grandissante d’une population touchée par des difficultés d’emploi, se cumulant et agissant sur les ruptures familiales ou de santé, par la présence de jeunes en errance depuis très longtemps attirés par notre ville mais aussi par la présence de plus en plus importante d’étrangers sans-papiers, et de ce fait, privés de droit au logement.

L’hiver dernier, les déclarations du Secrétaire d’état auprès du Ministre de la Cohésion des territoires ont mis en évidence un décalage terrible entre la réalité et les chiffres annoncés sur le nombre de personnes à la rue. L’hébergement des personnes en errance relevant des compétences de l’État, sans doute, fallait-il y voir une volonté de masquer ou de minimiser ses propres carences en la matière. En effet, aucun gouvernement, quelle que soit sa couleur politique d’ailleurs, malgré les différents plans de lutte contre l’exclusion et la grande précarité pourtant présentés comme de grandes causes nationales n’a réussi à juguler l’augmentation du nombre de personnes sans domicile et en situation de grande précarité.

Suite à cette polémique, Il apparait donc comme fondamental de disposer de chiffres et d’outils fiables pour ne pas décrédibiliser la parole publique mais aussi et surtout pour mesurer et quantifier les besoins d’une population par nature difficiles à cerner.

 

À l’exemple des villes de Paris, Grenoble, Metz, Rennes organise donc pour la première fois un évènement appelé « Nuit de la Solidarité » qui se déroulera le 27 février prochain.

Pour cela, depuis quelques jours, la Ville informe et recrute des rennais pour réaliser un « décompte de nuit » et aller à la rencontre des personnes vivant dans la rue. Ce décompte n’est pas une intervention sociale mais un outil qui a pour finalité de mieux connaître les situations individuelles dans le but d’améliorer les réponses qui leur sont proposées. L’objectif n’est pas d’apporter une réponse immédiate mais bien de se doter d’outils nécessaires à l’élaboration de réponses futures.

 

Cet évènement attire donc quelques remarques et questions de notre part :

 

  • La différence entre l’objectif affiché et l’intitulé donné à cet évènement pose des problèmes de lisibilité. Dans l’esprit de certains rennais attirés par la démarche, la déception risque d’être au rendez-vous puisqu’il ne s’agit pas ici de solidarité (le dispositif ne consiste pas en une maraude avec distribution de secours immédiats aux personnes rencontrées) mais de statistiques.

 

  • Quelle fiabilité donnée à ces chiffres obtenus sur le comptage d’une seule nuit par rapport aux informations dont disposent les associations qui œuvrent pour venir en aide aux sans-abrisou aux statistiques fournies par l’INSEE ?

 

Cette question de la fiabilité et l’utilisation d’outils statistiques performants est pourtant essentielle pour la puissance publique puisque de celle-ci dépendra le calibrage et l’efficience, véritable enjeu, des moyens et politiques mis en œuvre. L’optimisation de la dépense publique en est un autre. En effet, dans un contexte de raréfaction de l’argent publique il faut sans doute s’interroger sur l’utilité d’un saupoudrage de subventions moins indispensables afin de les recentrer sur des politiques plus vitales.

Plus vitales, effectivement, car le principe de responsabilité impose aux communes d’assurer le premier échelon de solidarité publique. Nous devons avoir comme objectif « zéro personne à la rue ». C’est sans doute un objectif inatteignable du fait des phénomènes économiques et migratoires, mais c’est objectif vers lequel il faut tendre. Car le plus élémentaire devoir d’humanité est de ne laisser personne dormir à la rue. Ce n’est pas l’image que nous souhaitons renvoyer de notre ville et plus largement de notre société.

Cette cause mérite le concours de tous et de tous les échelons de l’action publique. Collectivement, il est d’urgent d’entamer une réflexion sur une allocation sociale unique, plus lisible pour le citoyen facilitant donc le recours aux droits, plus simple à mettre en œuvre, plus facile à verser et donc moins coûteuse en gestion.

 

Rappelons qu’en 2017, 500 personnes sont mortes parce qu’elles vivaient à la rue. La situation des femmes (elles représentent 2 sans domicile sur 5) est particulièrement préoccupante car elles sont plus vulnérables et sont parfois accompagnées d’enfants. Rappelons également qu’1 quart des SDF a un emploi. Comment dans une société dite développée, des citoyens ne peuvent pas vivre dignement du fruit de leur travail ?

Face à ces situations, attention donc à ne pas créer de faux espoirs en communiquant mal. Si l’on veut que des opérations telles que la Nuit de la Solidarité soit crédibles, elles doivent être suivies de réelles politiques publiques offrant des solutions efficaces pour faire diminuer le nombre de personnes à la rue. Elles doivent également nous préoccuper au-delà de la saison hivernale car la pauvreté est aussi cruelle l’été que l’hiver. Elle ne s’arrête malheureusement pas avec l’arrivée des beaux jours.

Je vous remercie.

 

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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