Bertrand PLOUVIER rend hommage à Jacques CHIRAC

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21 octobre 2019
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Bertrand PLOUVIER rend hommage à Jacques CHIRAC

Bertrand Plouvier

Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Jacques Chirac nous a quitté le jeudi 26 septembre 2019, dans sa 87ème année.

 

La nouvelle de sa disparition a plongé les Français dans une immense tristesse.

 

Avec lui, c’est tout un pan de notre Vème République, de notre histoire contemporaine, et en ce qui me concerne, une partie de ma vie politique et personnelle qui disparaissent.

 

C’est à lui que je dois mon envie de faire de la politique et mon engagement entier au sein de la famille gaulliste.

 

Par ces quelques mots, je tiens à rendre un hommage à cet homme d’État au parcours exceptionnel, à cet homme d’État qui aura profondément marqué la France et les Français.

 

Les présidents qui meurent emportent souvent un peu de notre vie avec eux…

Singulièrement et pour de nombreux proches, c’est particulièrement le cas de Jacques Chirac.

 

Ces derniers jours, à Paris, en Corrèze, comme dans toute la France, une majorité de Français, dont tous n’ont pas forcément partagé les mêmes opinions politiques et les mêmes choix idéologiques, ont largement souhaité lui rendre un hommage solennel.

 

Cet élan national atteste que de nombreux Français se retrouvent dans cet homme chaleureux, charismatique, qui a su incarner notre pays, son histoire, et le représenter à l’international au cours de ses deux mandats de Président de la République.

 

Tout au long de plus de 50 années de sa vie politique, Jacques Chirac a acquis une connaissance intime de la France, au contact de ceux qu’il aimait, les Français.

 

Sa vision ouverte sur les événements, sur notre société, ou sur notre planète, lui a permis de défendre cette valeur gaulliste d’une « certaine idée de la France ».

 

Sa vision ouverte lui a permis, à de nombreuses reprises, de rassembler les Français autour des valeurs qui caractérisent notre République.

 

Jacques Chirac a su ostensiblement incarner et partager les valeurs de notre République.

 

À l’heure où le monde entier, et plus particulièrement notre jeunesse, expriment légitimement sa préoccupation face au dérèglement climatique, n’oublions pas que Jacques Chirac a considérablement œuvré pour cette cause.

 

Durant toute sa carrière politique, Jacques Chirac s’attache en effet à la préservation de l’environnement, domaine dans lequel il a été, à bien des égards, précurseur.

 

Il a assurément été le Premier Ministre des grandes lois environnementales de 1975 et 1976 :

  • Loi sur les déchets ;
  • Loi sur les études d’impact ;
  • Loi sur les installations classées.

Le gouvernement de Jacques Chirac était alors réellement en avance en Europe et dans le monde.

 

Une grande partie des bases de notre droit de l’environnement lui est imputable.

 

Au cours de son second mandat de Président de la République, quatre grands épisodes témoignent de sa prise de conscience précoce – j’oserai dire avant-gardiste en ce qui concerne le dérèglement climatique :

  • 1- : Le sommet de Johannesburg et son discours alertant les chefs d’État de notre planète sur les risques que nous encourons si nous ne faisons rien

 

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables. Il est temps, je crois, d’ouvrir les yeux. Sur tous les continents, les signaux d’alerte s’allument. […] Le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d’harmonie, et donc d’apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l’homme. Et aujourd’hui, à Johannesburg, l’humanité a rendez-vous avec son destin. »

À cette époque, il ne me semble pas qu’un autre dirigeant de notre planète soit allé aussi loin… ni même aujourd’hui !

 

  • 2- : en 2004, Jacques Chirac est l’auteur de la Charte de l’environnement qu’il a imposé à une majorité, avouons-le, hostile… plus particulièrement à son principe de précaution qu’elle suppose. Cette Charte de l’environnement sera en 2005 intégrée dans le bloc de constitutionnalité du droit français.

 

  • 3- : à la fin de son quinquennat, en 2007, à partir d’un rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – le GIEC – il a soutenu la création d’une autorité mondiale de l’environnement au cours d’une conférence à l’Élysée devant de nombreux chefs d’État.

 

  • Enfin, 4- : quelques jours avant la fin de son dernier mandat, Jacques Chirac et son « appel de Paris » de février 2007 plaide pour une organisation des Nations unies de l’environnement.

Il affirme alors : « Face à l’urgence, le temps n’est plus aux demi-mesures : le temps est à la révolution. La révolution des consciences. La révolution de l’économie. La révolution de l’action politique. »

Hélas, cet « appel de Paris » sera sans lendemain.

 

Madame la Maire, Chers collègues,

 

J’ai fait le choix ce soir de ne vous citer qu’un seul des très nombreux combats politiques de Jacques Chirac. Bien évidemment, l’histoire de notre pays en retiendra bien d’autres :

  • Sa volonté de résorber ce qu’il appelait « la fracture sociale » [créateur du SAMU social de la mairie de Paris en 1993]
  • Son refus de toute compromission avec les extrêmes [discours du Vél d’Hiv en 1995] ;
  • Sa sensibilité à la souffrance de nos concitoyens qui sont empêchés par la maladie ou le handicap [mise en œuvre d’un plan cancer] ;
  • Sa volonté farouche de conforter la place de la France et de développer son rayonnement dans le monde… [Son « non » à la guerre d’Irak en 2003 restera, nul ne doute, dans l’Histoire…].

 

Son humanité, sa proximité avec les Français, sa convivialité, sa passion pour l’histoire des civilisations africaines et asiatiques, son admiration pour les combats de sumo, son appétit insatiable, son goût pour la tête de veau, des pommes, ou de la bière, son attachement à d’interminables visites au Salon de l’agriculture de paris ou de notre SPACE, etc…, ont contribué à faire de Jacques Chirac, pourtant Président de la République, un français parmi les Français.

 

Jacques Chirac a su gagner le cœur des Français, et je n’en doute pas, celui des Rennais.

 

À ce titre, je pense que notre Conseil municipal partagera mon souhait de dédier un axe, une place ou un équipement majeur de notre ville pour honorer la mémoire de Jacques Chirac, notre cinquième Président de la Cinquième République.

 

Ancien responsable national des jeunes Chiraquiens, je me tiens à votre disponibilité, Madame la Maire, et vous exprime ma volonté d’être associé à cette réflexion.

 

Enfin, à son épouse Bernadette Chirac, qui a considérablement œuvré pour nos hôpitaux à la tête de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, à sa fille Claude, à son petit-fils Martin, à toute sa famille et ses proches, ainsi qu’à tous les compagnons qui ont partagé ses engagements et ses combats, je souhaite redire, ce soir, publiquement, mes condoléances. Le groupe Alternance 2020 prend part à leur chagrin.

 

Je vous remercie.

 

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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