Bertrand Plouvier : « La Maire de Rennes est responsable de cette chienlit »

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Bertrand Plouvier : « La Maire de Rennes est responsable de cette chienlit »

Bertrand Plouvier

 

Conseil Municipal du 27 Juin 2016

 Temps d’expression des groupes politiques

 

 

Intervention de Bertrand PLOUVIER
Conseiller Municipal de Rennes, président du groupe Alternance 2020

 

 

 

Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Rennes a connu une nouvelle fois la violence et la casse lors de la manifestation du jeudi 23 juin.

Alors qu’on assistait à un énième cafouillage gouvernemental : on interdit, on n’interdit pas, la manifestation parisienne… Tranquillement à Rennes, on a laissé les casseurs agir en toute impunité. Inutile de souligner, qu’une fois de plus, vous et vos amis portez l’entière responsabilité de cette chienlit. Une fois de plus, ces événements illustrent que vous n’êtes pas à la hauteur de la situation. Rennes mérite mieux !

Après plusieurs mois de violences, notre centre-ville devrait pouvoir panser progressivement ses plaies. Jour après jour, habitants, commerçants et usagers du centre-ville de Rennes devraient retrouver un cadre apaisé dans lequel ils espèrent pouvoir circuler, travailler ou tout simplement vivre normalement.

J’en profite pour féliciter le travail des agents de la ville de Rennes pour leur énergie et le temps qu’ils ont pu consacrer pour venir en aide aux personnes qui ont été touchées par ces violences.

C’est à présent aux autorités publiques et aux collectivités locales compétentes de tout mettre en œuvre pour tourner la page de ces tristes événements qui ont entaché le quotidien de bon nombre de Rennais.

Nous ne pouvons que regretter que beaucoup d’entre eux aient été les victimes directes ou indirectes de ces manifestations qui se sont systématiquement soldées par de nombreux actes de vandalisme et de violence à l’encontre de biens, de monuments parfois symboles de notre République et de personnes. Je pense plus particulièrement aux forces de l’ordre et aux commerçants. De tels agissements sont parfaitement inacceptables et doivent être condamnés avec la plus grande fermeté.

Nous déplorons que notre conseil municipal, que l’ensemble de ses groupes politiques, que l’ensemble des conseillers municipaux n’aient pas condamné solennellement, de manière unanime, ce que notre ville a subit durant le premier semestre de cette année.

L’heure est à présent au bilan. Un bilan à partir duquel nous pourrons tirer des conclusions pour mieux envisager l’avenir de notre centre-ville, de son image, de son attractivité touristique et de son activité commerciale, toutes fortement impactées par ces événements.

Samedi 18 juin, la municipalité a communiqué un chiffre, son estimation du coût des manifestations et des occupations tantôt légales tantôt illégales de la salle de la Cité. Un coût global qui atteint plus de 300 000€…

Les membres du groupe Alternance 2020 et moi-même prenons acte de votre estimation.

Cependant, nous regrettons d’avoir eu connaissance de cette estimation dans la presse. Pour rappel, durant le dernier conseil municipal, nous vous avions demandé des chiffres, concernant les préjudices subis par la ville de Rennes et Rennes Métropole. Bien évidemment, notre question n’avait alors trouvé aucune réponse de votre part. Nous avions alors appuyé nos demandes par courrier. Aucune réponse de votre part non plus !

Alors, à quoi correspondent réellement ces 300 000€ ?

Les rennais ont le droit à la vérité lorsqu’il s’agit de leur argent. Car il s’agit bien là de l’estimation de préjudices subis par des collectivités donc d’argent publique…

Pour nous, votre chiffrage sous-estime volontairement le coût réellement supporté par les contribuables rennais. De plus, cette estimation nous apparaît incomplète.

Incomplète car celle-ci prend uniquement en considération les préjudices subis directement par la ville de Rennes et Rennes Métropole.

D’une part, elle omet les charges indirectes qui seront imputées aux comptes administratifs de ces deux collectivités.

D’autre part, elle ne prend aucunement en compte les pertes d’exploitation et les préjudices dont de nombreux commerçants ou artisans ont été victimes. A titre d’exemple, je ne citerai qu’un chiffre à ajouter à la longue liste des préjudices subis par les Rennais : 310 000 € pour la réparation de 17 distributeurs automatiques de billets qui ont été détruits courant mars.

Madame la Maire, les Rennais ne se laisseront pas berner par votre opération de communication qui cache honteusement la gravité de la situation et les conséquences de ces incidents ! Les Rennais ne sont pas dupes et ont tout de suite perçu dans le numéro de claquettes du Ministre de l’Intérieur et du Premier Ministre une sombre opération de communication pour tenter de sauver Nathalie.

Ce soir, notre conseil municipal va adopter un certain nombre de délibérations pour remettre, en quelque sorte, l’activité commerciale et l’image de notre centre-ville sur les rails. Bien évidemment, le groupe Alternance 2020 que je représente votera favorablement ces délibérations même si nous estimons que celles-ci sont décevantes et surtout insuffisantes. L’exaspération des nombreux Rennais appelle à des actes concrets de votre part, à leur égard, plutôt que de la simple communication politicienne se traduisant par quelques mesurettes.

Il s’agit certes d’un premier pas, mais l’enveloppe n’est pas à la hauteur des dommages subis par les commerçants et artisans du centre-ville. Ce montant ne représente que 0,04% du budget 2016 de la ville de Rennes. Il ne correspond pas un plan de relance en tant que tel ! C’est bien évidemment insuffisant. Nous craignons sincèrement que les mesures que nous allons adopter ce soir ne compensent aucunement les lourdes et souvent irréversibles pertes d’exploitation subies durant ces trois derniers mois.

Conjointement, les compétences de la ville de Rennes et de Rennes Métropole permettent d’actionner certains leviers. Par exemple, les droits de terrasses ne doivent pas être exonérés d’un mois mais de toute l’année 2016. Et les transports en commun doivent être gratuits tous les samedis jusqu’aux fêtes de fin d’année.

Les revendications pourtant justifiées émises par le Carré Rennais et par l’Union des Entreprises 35 qui demandaient que l’état de catastrophe économique soit constaté et déclaré pour le centre-ville de Rennes n’ont hélas que très partiellement étaient retenues. Il est urgent que vous, Maire de Rennes, saisissiez vos amis du gouvernement pour que l’Etat intervienne directement et lance un véritable plan d’urgence pour le centre-ville comme le réclament le Carré Rennais, CCI de Rennes ou l’Union des Entreprises 35. Par exemple, il est impératif que l’Etat exonère partiellement les artisans-commerçants victimes de préjudices de leurs charges sociales ou de certaines taxes.

Une autre question se pose : qui va payer ?

Nous refusons que les contribuables rennais payent un centime de leur poche ! Ils ont déjà payé un lourd tribut en étant directement ou indirectement les victimes à titre personnel ou professionnel de ces violences urbaines. Il faut appliquer le principe du casseur – payeur.

Les compétences de la ville de Rennes vous permettent, Madame la Maire, de prendre un certain nombre de mesures précises à l’encontre d’associations ou de syndicats qui ont soutenus l’occupation illégale de la salle de la Cité.

Par exemple, vous pouvez mettre fin à la mise à disposition gratuite par la ville de Rennes des locaux situés aux 3 et 5 rue de Lorraine allouée à l’Union Syndicale Solidaires. Je me permets de citer vos propres propos du 29 mars 2010 : « la ville n’a aucune obligation formelle à loger quelque organisation syndicale que ce soit ». Il est donc impensable pour nous que la ville de Rennes continue à supporter cette organisation irresponsable, qui utilise et légitime la violence contre nos institutions et contre des équipements publics comme moyen d’action. Prenez vos responsabilités, Madame la Maire, mettez fin, le plus vite possible, à la mise à disposition des 110 m² de locaux à leur bénéfice. Ces locaux pourraient alors être mis à disposition d’associations rennaises œuvrant pour le bien de notre ville et non l’inverse.

Autre exemple, vous pouvez mettre fin à un certain nombre de subventions allouées à des associations qui ont soutenu ou participé à cette occupation illégale.

La gravité des dégradations exige, de votre part, des mesures de la plus grande fermeté pour que de tels actes ne se reproduisent plus.

Madame la Maire,

Mes chers collègues,

Il est vraiment temps de tourner la page. Oublions rapidement ce mauvais épisode qu’a traversé Rennes. Passons à des jours meilleurs. Montrons notre ville sous son jour meilleur.

Je vous remercie.

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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