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Aude Bouvet intervient sur le Budget 2019

2 BOUVET

Madame le maire, monsieur l’adjoint, chers collègues,

Tout d’abord, je souhaitais à mon tour remercier les services qui ont contribué à l’élaboration des documents autour desquels nous échangeons ce soir.

Malheureusement, pour vous !, grâce à la qualité des documents qui progresse chaque année, et nous nous en félicitons, les problèmes de fond sautent désormais aux yeux…

Ce budget 2019 révèle crument la manière dont vous gérez la ville : en bon père de famille peut-être, mais sans grande ambition !

 

Le contexte, on le connait :

Les dépenses de la ville de Rennes sont constituées de 2 postes majeurs : les charges de personnel qui pèsent 160 m€ et les subventions qui représentent chaque année une enveloppe de 50 m€.

Concernant les charges de personnel, j’avoue avoir souri en notant tous les efforts que vous avez déployés dans le budget pour convaincre que l’augmentation du poste en 2019 par rapport à 2018 était inévitable. Vous listez ainsi, sur une vingtaine de lignes, tous les effets qui se cumulent, les effets GVT, PPCR, RIFSEEP, CSG, pour appuyer votre argumentation que, oui, ce poste ne peut que progresser et que maintenir sa croissance à +1,5 % est déjà une sacrée performance…

Pas un mot en revanche sur tout ce qui pourrait jouer en sens contraire : nous aurions aimé trouver dans ce budget des informations sur le rythme des départs en retraite et sur les opportunités ainsi dégagées. Le sujet n’est pas anecdotique du tout : les employés de plus de 50 ans représentent 40 % de l’effectif municipal ! D’après mes calculs, vous devez avoir une centaine de départs en retraite chaque année, comment les gérez-vous ? quels redéploiements opérez-vous ? quelle est votre stratégie pluriannuelle ?

Quant aux subventions, la collectivité reste généreuse avec, on le constate à chaque conseil, des milliers d’associations rennaises bénéficiaires, pour des montants allant de trois à sept chiffres….

Côté recettes heureusement, les produits croissent également, les impôts et taxes et les dotations de l’État, portés par l’augmentation de la population rennaise.

Et, globalement, tout ça se tient… Et vous, vous semblez vous satisfaire de cet équilibre mais le jugez sans doute trop précaire pour oser toucher certaines briques.

 

Avec les années, je pense avoir compris votre mode opératoire pour élaborer un budget : vous partez du budget N-1, et vous additionnez les bouts de ficelles relatifs aux événements N-1 non reconduits l’année suivante pour avoir ce qui constitue votre marge de manœuvre sur N, et vous saupoudrez ce surplus dans le nouveau budget N pour faire apparaitre des hausses sur quelques politiques publiques sur lesquelles il vous semble utile de communiquer.

Cette façon de procéder rigidifie évidemment le budget puisque l’historique devient un acquis et qu’aucun arbitrage fort ne vient remettre en cause les grandes masses.

Nous le déplorons. Pour nous, le budget n’est pas une production administrative. Un budget est la traduction, par des engagements de moyens humains et matériels, des priorités politiques que l’on souhaite voir mises en œuvre.

Nous déplorons votre façon de faire, d’autant plus que la contractualisation avec l’Etat qui porte l’engagement de maitrise des dépenses de fonctionnement en-deçà de 1,3 % devrait vous amener à faire des choix, arbitrer… Non, on reste sur de la petite gestion, en rythme routine…

 

Alors, que lit-on dans votre budget 2019 ?

Quelles sont vos grandes priorités de 2019 ? Quels sont les sujets que vous estimez cruciaux pour notre ville et ses habitants et sur lesquels vous décidez de « mettre le paquet » ?

Pas grand-chose entre nous, à part l’organisation d’événements sportifs et le plan propreté. Encore lui !

Quelle satisfaction pour nous, qui avons dû essuyer vos sarcasmes en début de mandat, lorsque nous vous alertions sur la saleté de la ville, qui sautait aux yeux de tous les visiteurs, qui dépitait ses habitants, et que vous étiez les seuls à ne pas voir ! Rappelons-nous votre déni de l’époque et votre réponse qui consistait généralement à nous répliquer, que, par cette critique de la saleté de notre ville, nous donnions nous-mêmes une mauvaise image de Rennes ! Passons. Nous sommes heureux que vous ayez enfin ouvert les yeux…

Le plan propreté est donc présenté fièrement comme la politique publique qui a le plus augmenté entre les budgets 2018 et 2019, de +547 K.

C’est un bon point. Permettez-moi juste d’espérer que ce n’est pas qu’une action ponctuelle, uniquement le temps de cette année 2019, année préélectorale, car je note que cette augmentation du budget consacré à la propreté ne s’est pas faite au détriment d’un autre budget jugé moins prioritaire. En tout cas, rien n’est dit en ce sens. A vous lire, aucun budget n’est rogné…. N’auriez-vous pas juste utilisé l’enveloppe de 800 K versée en 2018 pour l’exposition Debout! ?

Ou alors, vous avez peut-être utilisé le million d’euro que la ville de Rennes récupère de Rennes Métropole suite au travail de recalcul des modalités d’affectation des charges de personnel mutualisées ? On ne sait pas, pas un mot n’est écrit sur cette manne dans le budget….

 

L’objectif n°1 de Rennes en 2019, c’est donc d’être enfin une ville propre, débarrassée de ses tags… C’est bien, il était temps !, mais cela semble bien pauvre comme stratégie….

Quelles autres ambitions sont les vôtres ? Quelle est votre vision pour Rennes ? Que voulez-vous faire de Rennes ? Une ville entreprenante, une ville sportive, une ville culturelle, une ville solidaire, une ville verte, une ville festive, une ville pour les familles, une ville pour les étudiants, une ville de commerçants ?…

 

Votre budget se décline en une série de missions et de programmes. C’est une liste à la Prévert où tout est listé, rien ne manque (on a même des pages sur des programmes avec 0 en dépenses de fonctionnement et 70 K€ en dépenses d’investissement….), où des centaines de chiffres sont donnés sans élément pour les apprécier, mais où les questions essentielles sont occultées :

  • Les missions sont-elles remplies ? Les objectifs assignés sont-ils atteints ? Difficile de répondre vous me direz, car aucun objectif n’est fixé….
  • Est-ce possible d’accomplir ces missions avec moins de moyens ?
  • Si non, pouvons-nous les mener à moyens constants, mais différemment, pour les rendre plus efficaces ?
  • Comment la transformation numérique impacte-t-elle les services publics, et plus largement les actions de la ville ?
  • Certaines missions ne mériteraient elles pas d’être réduites en voilure pour que les moyens affectés soient réorientés vers d’autres actions ?

 

Je reprends quelques-unes des questions posées par mon collègue Gurval Guiguen l’an dernier, à l’occasion du vote sur le budget 2018 :

  • Nos moyens en termes d’accueil de la petite enfance sont-ils déployés afin de satisfaire au maximum la demande ?
  • Les rythmes scolaires que nous appliquons sont-ils les plus adaptés aux besoins des écoliers et des familles ?
  • Disposons-nous des équipements sportifs nécessaires à une ville qui compte 67 000 étudiants et presque autant de licenciés dans des clubs de sport ?
  • Notre dispositif de vidéo-protection est-il efficace ? La sécurité des Rennais est-elle assurée ?
  • L’offre de bibliothèques et de points de lecture est-elle adaptée à la demande et suffisamment proche des besoins ?
  • Notre politique patrimoniale fait-elle connaître l’histoire de notre ville et son rôle en Bretagne ?

 

Nous n’avons pas, au sein de ce conseil, de temps spécifiquement dédié à l’évaluation de nos politiques publiques locales, et c’est bien dommage.

Ce vote ce soir sur le budget 2019 de notre ville est encore une occasion manquée d’avoir un vrai débat sur les objectifs de l’action publique et les ressources qui y sont consacrées. Et ce n’est pas près de s’arranger avec un programme « Évaluation des politiques publiques et contrôle de gestion » qui perd 50 % de son budget en un an, et qui est aujourd’hui a été dépassé en budget par les programmes « Recenser la population » et « Organiser les élections »….

Nous voterons évidemment contre ce budget 2019.

Je vous remercie

 

 

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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