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Antoine Cressard intervient sur la convention de mise à disposition à l’Association Arvor

13 CRESSARD

Madame La Maire, chers collègues,

Vous nous demandez de voter, d’une part,  la convention  et, d’autre part, une garantie d’emprunts permettant à l’Association Arvor Cinéma de réaliser le transfert de l’Arvor vers ses nouveaux locaux sa nouvelle adresse sur le site Féval de l’opération EuroRennes dans l’immeuble IDENTITY ONE.

Pour mémoire, ce sera le troisième site d’implantation pour ce cinéma d’art et essai après la rue Saint Hélier et la rue d’Antrain.

Ces délibérations appellent quelques remarques et réserves.

En premier lieu sur le montage financier de cette opération :

Les coûts d’investissement et d’aménagement de celles-ci  sont estimés à 3.5 M €, mais l’apport en fonds propres de l’association Arvor Cinéma ne représente que moins de 10 % du total, (0,322 M€ sur les 3,5 M€ nécessaires). Le reste relève de participations diverses (Région Bretagne, CNC etc.) mais dont les financements respectifs ont été revus à la baisse passant de 1,65M€ à 1,477M€. En conséquence la moitié de l’apport nécessaire passera par deux emprunts bancaires pour un total de 1,7 M€, garantis à 50% par la Ville durant 17 ans.

A ce propos, une étude juridique et un rapport financier de 2017 présentant la prospective du projet, vous alertaient explicitement sur une probable capacité d’autofinancement insuffisante pour les exercices N et N+1. Ce rapport préconisait de revoir d’abord le montant des loyers annuels fixé à 100 000 € mais qui reste inchangé dans la délibération. Il préconisait aussi de revoir les modalités de remboursement de l’emprunt : celui-ci était  initialement de 1,3M€ remboursables en 120 mensualités à un taux de 2,5% ; A présent on passe à 1,7€ remboursables en 204 mensualités à un taux de 2%. Bien que les modalités de l’emprunt aient été partiellement revues (montants, durée et taux), en vue de compenser les moindres participations de la Région et du CNC, celles-ci n’améliorent pas significativement les capacités d’autofinancement des exercices N et N+1. De plus, ces nouvelles modalités d’emprunt reportent de 7 années son remboursement et obligent la Ville à rester garante 7 années de plus.

 

Sur le plan financier, nous regrettons ces fragilités dont vous aviez connaissance depuis le début et, qui ont été modifié à la marge suite au rapport, mais qui font maintenir un risque non négligeable de difficultés de trésorerie pour le futur Arvor. 

Souhaitons également qu’aucune dérive, qu’aucun imprévu dans les travaux d’aménagement ne viennent fragiliser davantage ce montage financier. Cela s’est déjà vu à plusieurs reprises.

En deuxième lieu, le devenir du site de la rue d’Antrain.

Il est précisé dans la délibération que le déménagement s’explique en partie par la vétusté du bâtiment actuel et l’absence de possibilité d’extension.

Alors que va-t-il devenir ? Deux options se présentent donc : la première c’est de le raser.

Cette option, évoquée en commissions, a été écarté mais, il nous a été précisé en même temps, que le bâtiment n’était en aucune manière protégé au titre du patrimoine remarquable rennais dans le PLU que nous venons d’aborder.

 Peut-être pourrait-on le protéger définitivement ? Car on imagine qu’un tel site, en centre-ville, peut aiguiser des appétits.

La deuxième option c’est de le réaffecter. Pour en faire quoi ? On nous a répondu que ce n’était pas à l’ordre du jour car toujours en réflexion. J’imagine qu’il y a des pistes mais je suis certain qu’elles déboucheront à l’approche des élections municipales.

Enfin le déménagement de l’Arvor va se produire dans un contexte de transformation du paysage cinématographique rennais.

D’abord en 2019, non seulement l’Arvor va migrer à la gare mais en même temps, le Cinéville du Colombier va fermer définitivement au profit de deux nouveaux complexes à Bruz et à Vern.

Désormais, tous les cinémas rennais seront concentrés entre la rue St Hélier et la gare et pour la première fois, il n’y aura plus d’écrans au nord de la Vilaine, ce qui est vraiment regrettable.

Plus consternant, notre Ville va perdre trois écrans au cours de cette année alors qu’il y a déjà un déficit criant de fauteuils par habitant.  Rennes propose un fauteuil pour 86 habitants alors que Nantes en propose un pour 79 et Brest un pour 25.

De plus, si on se réjouit de l’augmentation des salles offrant des films d’art et essai, l’offre des salles généralistes va se réduire drastiquement: Il n’y aura plus que le Gaumont de l’esplanade

du Général de Gaulle qui, de fait  bénéficiera d’un quasi-monopole du cinéma généraliste sur la Ville.

D’ailleurs l’augmentation du prix de la place au Gaumont (qui est déjà la plus chère de Rennes), annoncée la semaine dernière, est une fâcheuse coïncidence, qui s’ajoute au fait que ce cinéma n’accepte pas la carte Sortir, à la différence du Cinéville du Colombier.

Enfin cette baisse d’écrans généralistes va avoir une autre conséquence : beaucoup de rennais seront obligés de sortir de Rennes pour voir des films grand public et donc seront obligés de prendre leurs voitures, ce qui est quand même un contresens au moment où notre Métropole valorise les modes de déplacement collectifs et doux.

 Finalement, l’installation de l’Arvor à la gare est sur le principe une bonne nouvelle pour le cinéma d’art et essai. Il sera un outil de promotion et de diffusion cinématographique dans le cadre de nos politiques culturels, mais cela n’effacera pas le bilan dégradé du future paysage cinématographique de notre Ville dont les rennais et les rennaises seront les premiers à pâtir.

En conclusion, nous ne voyons pas d’opposition au projet culturel de l’Arvor en lui-même, mais nous sommes assez réservés sur le projet financier qui est nettement trop fragile et la convention qui en découle et sur laquelle nous sommes invités ce soir à nous prononcer. C’est pourquoi nous nous abstiendrons.

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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