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Amélie DHALLUIN intervient dans le cadre de la Chartre Rennaise de la Démocratie sur la densité et la cohérence des quartiers

6 DHALLUIN

Madame la Maire,

Chers collègues,

Nous sommes donc invités ce soir à débattre de la question de la densité et de la cohérence des quartiers de Rennes. C’est grâce à un au travail et à la persévérance d’un collectif de citoyens qui a réuni 1000 signatures nécessaires à l’interpellation du conseil dans le cadre de la Charte de la Démocratie  locale que nous sommes saisis lors de notre séance de conseil ce soir de ces questions essentielles.

Hélas, permettez-moi en préambule de regretter la forme de ce débat. Vous avez-vous-même déclaré que « La vie démocratique ne peut plus se résumer à un vote tous les 5 ou 6 ans. (…). La progression de l’abstention, la défiance vis-à-vis des élus, le désespoir qui s’exprime par les extrêmes n’appellent pas à moins de démocratie. Ils ne doivent pas conduire les élus à se cadenasser dans leurs bureaux et leurs certitudes.  Ces périls exigent au contraire de prendre des risques. Ils demandent de davantage faire confiance à l’intelligence, à l’expérience, à l’expertise des habitants. Le participatif n’est pas l’ennemi du représentatif, il en est devenu le corollaire indispensable. »

Et pourtant….. pourtant ce soir malgré cette interpellation, les membres du collectif vous ont exprimé par le biais de la question orale au début de ce conseil leur grande déception de n’avoir pu eux-mêmes présenter leur interpellation à l’ensemble des élus. Vous me direz que c’est peut-être dans le règlement. Vous n’avez en fait pas voulu prendre de risque et n’avez pas fait confiance à l’intelligence des habitants.

Nous comprenons cette déception voire cette colère et félicitons ces habitants pour la qualité de leur engagement.

Densité et cohérence des quartiers : deux sujets, pour lesquels, notre groupe Alternance 2020 n’a cessé de vous interpeller au cours de ce mandat par le biais de diverses communications sur ces bancs ou sur ceux de la métropole. Et vous, de votre côté, sur ces bancs ou ceux de la métropole, n’avez cessé de nous répondre que ces sujets ne faisaient pas débat auprès des Rennais.

Alors aujourd’hui, à quelques mois d’échéances électorales qui remanieront les compositions du Conseil municipal de Rennes et du Conseil de Rennes Métropole, force est de constater qu’il y a bel et bien un débat sur ces sujets. Et, nous ne pouvons que nous féliciter que ce débat soit l’initiative d’un collectif de Rennais.

Durant le processus de révision de notre PLU, de nombreux témoignages de Rennais, la plupart de temps constitués en collectifs ou associations de riverains, dans différents secteurs de notre ville (je ne vais pas tous les citer), ont mis en lumière des inquiétudes, que nous pouvons aisément qualifier de légitimes, quant aux profonds changements de morphologie et de structure de leurs quartiers respectifs.

Nous regrettons profondément qu’un tel débat pourtant fondamental pour nos politiques d’urbanisme et qui va au-delà des débats techniques du PLU mais s’intéresse à la cohérence globale de notre ville, nous regrettons que ce débat  n’intervienne d’une part en toute fin de mandat, à la veille d’une période pré-électorale, et, d’autre part, au lendemain de l’adoption du PLU révisé de Rennes malgré notre vote défavorable.

 

Admettez qu’il y a un problème dans la chronologie des événements !

Que penser de l’efficience de l’opération de concertation « Rennes 2030 » ?  Prenons cette interpellation de Rennais comme témoin : la restitution des débats et autres événements de Rennes 2030 et la révision du PLU n’ont vraisemblablement pas permis de répondre aux questions et aux inquiétudes des Rennais sur la densification et les formes urbaines que devra adopter notre ville pour les prochaines décennies. C’est dommage, car, il est juste de le reconnaitre, l’opération « Rennes 2030 » a suscité l’intérêt de nombreux Rennais qui ont apporté de nombreuses contributions. Et vous disiez vous-même Mme la Maire lors de la restitution de cette opération que les Rennais souhaitaient plus de nature en ville, moins de constructions à tout va, plus de respect du patrimoine (…).

Le fait même que cette interpellation ait lieu ce soir soutenue par différents collectifs rennais illustre que cette onéreuse opération de concertation était surtout une opération de communication (dont la facture revient au contribuable). Trop de contributions des Rennais sont restées lettre morte et cette déception voire frustration explique en partie la montée de la contestation dans différents quartiers.

Cela montre que si Rennes 2030 a posé les bonnes questions vous n’y avez pas apporté les bonnes réponses.

Alors oui nous avions souscrit aux principes énoncés et aux orientations générales du PADD (…). Et Oui nous avons à de nombreuses reprises exprimé nos inquiétudes quant à la traduction concrète des orientations de ce PADD (dans le règlement littéral et les zonages du PLU revisé). A ce sujet d’ailleurs, à l’issue de la consultation des personnes publiques associées et de l’enquête publique, le rapport des commissaires enquêteurs nous donne raison et pointe du doigt ce hiatus entre les ambitions affichées et leurs traductions concrètes.

 

LA question est de savoir si l’objectif actuel de production de logements à Rennes est compatible avec le maintien de ce qui fait un des atouts majeurs de notre territoire, à savoir, sa qualité de vie. L’objectif affiché par la ville est de 1500 nouveaux logements/an pour la seule ville de Rennes dont 95% en renouvellement urbain et avec l’objectif de consommer 70% du potentiel urbanisable. Mais aujourd’hui ce sont près de 2000 nouveaux logements par an qui sont construits pour la ville de Rennes et près de 5000 sur la métropole.

Vous en êtes fiers et nous savons bien que même si la France manque globalement de logements ce n’est pas le cas de notre métropole. Vous imposez une course en avant du chiffre de production de logements.. . mais à quel prix !

Votre autre argument Mr Sémeril est de dire que les 1000 premiers logements servent aux besoins des Rennais et que ce n’est qu’à partir du 1001 que l’on peut accueillir de nouveaux habitants. Quel est l’origine de ce calcul ? Comment expliquer cela aux Rennais ? Est-ce valable tous les ans ? Est-ce arbitraire ?

« Nous voulons construire pour ne pas exclure »

Autre argument : vous ne cessez Mr Sémeril de nous expliquer à longueur de conseil que grâce à votre politique, le logement ne serait pas cher à Rennes. Et c’est d’ailleurs cet argument principal que vous avancez pour justifier ce PLU et ce PLH avec il est vrai sur le plan oratoire un certain talent 😉

Mr Puil a également a apporté cette réponse du prix du logement pour justifier le PLH de Rennes Métropole, avec également un certain talent 😉

Sauf que : A notre grand regret, ce débat n’était pas celui du PLU de Rennes, mais la répétition générale de la présentation du bilan à mi-parcours du PLH de Rennes Métropole qui nous a été faite en Conseil de Rennes Métropole le mois dernier.

Tout cela est très technique mais quand même :

Concernant le coût du logement à Rennes, permettez-moi d’énoncer ces quelques analyses de l’AUDIAR publiées dans sa note « Tour d’horizon des marché de l’Habitat, 1ers chiffres 2018 »

Pour les constructions neuves :

  1. Les courbes du marché sont étroitement liées aux dispositifs gouvernementaux (PTZ et faibles taux d’intérêt)
  2. L’actuelle envolée des tarifs des terrains à bâtir en périphérie rennaise mène à un possible coup d’arrêt dans le secteur du bâtiment faute de ménage en capacité budgétaire d’acheter

 

Pour la promotion immobilière privée :

  1. Le prix au m² a progressé partout sur notre aire urbaine : +15% à Rennes, +22% en périphérie et +21% en couronne
  2. La hausse de ces coûts provoque une difficulté à faire rencontrer l’offre et la demande : en 2018, il y a une baisse du volume des ventes aux ménages investisseurs, de plus 2018 fait également apparaître un questionnement sur la capacité budgétaire des ménages à pouvoir acheter en résidence principale à Rennes
  3. L’augmentation des coûts de construction provoque d’importants problèmes de marges pour les promoteurs pour vendre des logements en accession sociale dont les prix sont plafonnés

 

Pour le marché de l’occasion :

  1. Oui, les prix médians sont relativement « contenus » par rapport aux autres grandes métropoles, mais attention, ces chiffres se basent sur des logements type (appartement T3 ou maison de 100m²)… Ces habitats ne sont pas véritablement les reflets de la réalité !
  2. Il existe une adéquation avérée entre le niveau de prix et la qualité des produits
  3. Une hausse des prix est particulièrement amplifiée à Rennes en 2018, certainement liée, selon les experts, à l’effet LGV.

Arrêtons-nous quelques instants sur cette mécanique de hausse des prix :

C’est en fait voter politique de logement a prix encadrés qui arithmétiquement fait s’envoler le prix de l’accession libre ! Pourquoi  ….

Le PLH de Rennes impose donc pour toute nouvelle construction 25% de logements locatifs sociaux, 15% d’accession aidée et 20 % de logements dits « régulés ». Soit 60% de logements aidés et régulés d’une construction nouvelle contre 50 % pour le PLH précédent. Sur ces 35 % de logements aidés, la municipalité fixe le prix du m² à 2800 euros tout en ne subventionnant que très peu ces constructions : pour le promoteur c’est 100 euros de subventions pour 1000 euros de perte au m² sur les logements aidés.

Et comme rien n’est gratuit en ce bas monde, si les promoteurs construisent à perte des m² de logements neufs c’est mathématiquement le prix de l’accession libre qui augmente afin que le programme soit rentable (ils ne travaillent pas à perte). C’est donc bien votre politique d’encadrement du prix de plus de 50% d’une résidence neuve qui entraine la forte augmentation du prix au m² pour l’accession libre. Par exemple le programme de l’ilôt de l’octroi pour lequel l’accession libre peut aller de 5500 euros à près de 10000 euros/m².Quelque part vous organisez ainsi la hausse des prix de l’immobilier à Rennes.

Il  suffit pour cela d’ailleurs de côtoyer un certain nombre de collègues d’horizons différents, de statuts et de revenus différents, de compositions de la famille différentes et surtout de projets différents, par exemple des collègues d’un hôpital, pour s’apercevoir que non le logement n’est pas « pas cher »  à Rennes. Double négation donc Oui le logement est de plus en plus cher à Rennes et sa métropole. Avec ces quelques éléments, je tenais à amender les propos de MM. Sémeril et Puil concernant le coût du logement à Rennes. Les Rennais qui assistent à notre débat, disposeront ainsi de tous les éléments pour faire leur propre analyse sur ce sujet. Votre argument de « construire pour ne pas exclure » ne tient pas car tout un pan des Rennais qui ne peuvent bénéficier de l’accession aidée ou régulée voient les prix flamber et sont de fait exclus de la ville.

 

Mais revenons à votre politique de l’urbanisme. Depuis de nombreuses années, 5 points de mécontentement apparaissent très largement partagés par de nombreux Rennais.

  1. L’intensité urbaine, la densité
  2. Le respect du patrimoine bâti
  3. Les formes urbaines, la qualité architecturale des réalisations
  4. Le stationnement
  5. La concertation et le mode de décision de la politique d’urbanisme à Rennes.

 

Je ne reviendrai pas sur l’ensemble de ces points qui ont déjà été largement abordés en ces lieux.

Intéressons-nous donc à cette question de la densité qui est un point majeur de l’interpellation citoyenne. La densité c’est le fruit de la volonté de construire beaucoup de logements tout en maîtrisant l’étalement urbain.

Aussi, la notion de « ville compacte » a été initialement définie par opposition à celle de la ville étalée et est donc spontanément associée à celle de densité. Cette densité répond à plusieurs préoccupations et plus particulièrement au souci d’économie d’espaces.

Les experts s’accordent à dire qu’il existe bien une forme de corrélation entre la densité, plus précisément la densité humaine (pop°+emploi/S²) et la consommation d’énergie pour les déplacements du quotidien, consommation qui augmente en dessous d’un certain seuil de densité.

Des études montrent que tout se passe comme si, au-dessous d’un certain seuil, un territoire décrochait inéluctablement vers le tout automobile. Et alors les distances augmentent, la part de la marche à pied et du vélo se réduit, le niveau de services des TC s’effondre, et la voiture devient la seule solution. La fonction consommation/densité montre également que la surdensité n’est nullement un objectif intéressant. Le peu d’économies d’énergies qu’elle apporte ne vaut pas la perte de confort et de viabilité qu’elle induit.

 

En résumé, la densité n’a d’intérêt et ne peut se justifier que si elle est associée à une offre de services urbains élémentaires. Le facteur clé n’est donc pas la densité, mais, en réalité, la masse critique de population rassemblée à distance piétonne d’un centre offrant ses services. Ces services de proximité sont la base de la mixité fonctionnelle. Ces éléments nous ramènent à la nécessité de maintenir à tout prix ce qui fait le poumon de nos quartiers ces petits centres commerciaux de quartier, pourtant tant délaissés ces dernières décennies et que vous semblez vous attaquer à ce problème uniquement ces dernières années.

Nous devons imaginer « la ville des courtes distances », concept parfaitement décrit par un groupe de travail sur la ville économe qui avait été organisé par la Commission européenne en avril 2011.

Notre ville dispose d’un atout singulier : un riche réseau de quartiers pour lesquels une ville des courtes distances peut s’appliquer ; les fameux « villages dans la ville » chers à notre cher Bruno Chavanat. Il ne tient qu’à l’audace des décideurs politiques d’inventer, et surtout, de mettre en œuvre ce nouvel art de vivre que vous avez tant décrié mais qui est certainement en phase avec notre identité locale.

C’est d’ailleurs cette configuration qui s’est spontanément imposée dans des écoquartiers de densité moyenne comme le quartier de Bonne à Grenoble ou celui des Capucins à Angers. Eu égard aux nouveaux quartiers rennais que vous avez imaginé de toutes pièces, nous avons en la matière de vraies marges de progression.

Pourquoi ne pas accepter de diminuer la densité en augmentant de façon maitrisée l’étalement urbain mais en construisant de vrais écoquartiers ?

 

Une telle réflexion d’ensemble nécessite en priorité de répondre aux attentes de mobilité, d’espaces et de sociabilité des Rennais.

Il est nécessaire que les décideurs politiques donnent envie d’urbanité à ses concitoyens… Je crains que ce ne soit pas le cas à Rennes et à Rennes Métropole !

Pour donner envie d’urbanité, certaines villes se sont intéressées dans le détail à toutes les composantes du plaisir à vivre en ville : marcher, flâner, rencontrer, se poser à une terrasse…

Rennes doit réinventer de nouveaux rapports à l’espace : plus variés, mieux proportionnés.

Il est cependant possible de rendre la densité, ou la compacité, désirable. Pour cela, il faut s’efforcer d’offrir, sur un territoire restreint, une grande diversité d’ambiances urbaines. Il s’agit là, d’une politique opposée à l’actuelle uniformisation de nos formes urbaines à Rennes. C’est en définitive le critère de la qualité urbaine qui permettra de transformer positivement le visage de notre urbanisme. En effet outre la quantité de logements que vous produisez il y a le style sans style que vous donnez à la ville. Au gré des récentes réalisations, nous regrettons une certaine uniformisation ( ce qui ne veut pas dire harmonie) qui efface peu à peu l’histoire de nos quartiers. Quelle est l’identité des nouvelles constructions de la métropole depuis 10 ans ? A de rares exceptions, en quoi sont-elles rennaises et se distinguent-elles des constructions que nous pourrions trouver dans le nord, le sud ou l’est de la France? Trop peu de réalisations dans notre ville sont inspirées par ce qui fait la marque architecturale locale. Au contraire, ces immeubles qui poussent dans les artères qui quadrillent la ville dégagent un sentiment de ville anonyme. Il y a d’ailleurs un vrai paradoxe d’imposer de très fortes contraintes aux bâtisseurs de notre ville ce qui induit nécessairement des  constructions identiques dans tous les quartiers donnant ainsi un sentiment de ville anonyme qui ne respecte pas l’identité des quartiers.

Par ailleurs, cette densification rendue aujourd’hui nécessaire à Rennes résulte des échecs de votre politique notamment de mobilité.

Je m’explique : je ne suis pas sûre que la majorité des néo rennais souhaitait vraiment s’installer à Rennes, dans un petit collectif avec une petite surface et pas de jardin. Je pense plutôt que ce choix s’est imposé à eux. Parce que, en habitant à l’extérieur de Rennes, c’est facilement 30 à 50 min qu’ils auraient passé matin et soir dans leur voiture, sans solution alternative. A fortiori parce que les centres économiques continuent à être concentrés dans le cœur de ville, cf EuroRennes: qui , entre parenthèses, pour l’instant sert plus de zone de relocalisation de sièges auparavant un peu excentrés que de zone d’accueil pour des entreprises parisiennes….

 

Le critère de mobilité de la responsabilité de RM est crucial… Et il est certainement possible, dans chaque quartier de notre ville, d’agrémenter les déplacements de nos concitoyens par des éléments architecturaux, de mobiliers urbains, et autres, à la recherche d’un certain désir de découvrir sa propre ville sous un nouvel angle.

Comme vous le disent également régulièrement les Rennais, cette densité ou densification s’est trop longtemps faite au détriment du respect du patrimoine : Ferme du Grand Cucillé, hôtels rue de Redon, hôtel des Demoiselles, hôtel particulier de l’avenue Aristide Briand, villa du boulevard Volney, immeuble Dubonnet, rue de l’Alma, … Voici une liste non exhaustive d’éléments patrimoniaux historiques, contemporains ou industriels de notre ville qui ont été démolis ces dernières années.

A qui le tour ? Laisserons-nous nos quartiers perdre au fil du temps ce qui fait leur personnalité, leur silhouette, ou tout simplement leur histoire ?

Au-delà du centre-ville, et de son secteur sauvegardé, chaque quartier recèle des traces du passé qui pourraient être mises en valeur plutôt que d’être démolies. Ce n’est pas la stratégie des municipalités socialistes qui se succèdent à Rennes depuis plusieurs décennies.

Une grande majorité de Rennais est attachée à l’histoire de leur quartier : ils souhaitent préserver une diversité architecturale pour conserver les symboles les plus marquants du passé. Plutôt que d’uniformiser l’architecture des quartiers, au contraire, il faut différencier leur architecture et mettre en valeur leur patrimoine témoin de leur histoire et de celle de leurs habitants. Aujourd’hui, acteurs patrimoniaux et décideurs municipaux doivent trouver un compromis pour mettre fin aux trop nombreuses démolitions. Privilégier un développement urbain plus respectueux de l’existant en mettant davantage en valeur le patrimoine permet de respecter l’identité des quartiers qui fait vivre la ville, c’est aussi cela un quartier cohérent.

Un quartier se doit être cohérent sur sa densité, ses formes urbaines, le respect de son patrimoine mais aussi sa capacité à accueillir ses nouveaux habitants dans de bonnes conditions.

Comment imaginer alors que vous avez fait sortir de terre des quartiers entiers (Baud Chardonnet LA Courrouze ZAC Armorique….) que de si nombreux nouveaux habitants ne bénéficient pas de structures école asso sport commerce soins pour les accueillir ? Vous allez nous dire qu’il faut aussi un certain nombre d’habitants pour faire vivre des commerces et je vous rejoins quand il est question pour certains habitants de réclamer des commerces tout en refusant de faire leurs achats dans les commerces de quartier. Mais certains quartiers sont de véritables dortoirs et les nouveaux habitants découvrent que les promesses de commerce, d’école, de vie associative sont sans cesse repoussées à leurs plus grands regrets.

 

Alors non Mr Sémeril les Rennais ne sont pas égoïstes. Et oui les Rennais dans leur très grande majorité sont prêts à assumer le développement nécessaire de leur territoire et à accueillir de nouveaux habitants. Mais pas à n’importe quel prix ! Le contexte bâti, végétal et patrimonial du quartier qu’ils aiment dans lequel ils vivent doit être respecté ! Et pas en marche forcée ce qui ne permet pas d’accueillir dans de bonnes conditions les nouveaux habitants.

A l’aube d’un nouveau projet pour Rennes, nous voulons renverser la hiérarchie des priorités.

40 ans c’est un anniversaire important.

Le bilan des 40 ans de votre majorité c’est cette densité mal intégrée dans la vie des Rennais. Votre politique du chiffre (nombre de logements, prix au m²) ne correspond pas au vécu des Rennais. La quantité seule n’est jamais gage de qualité. Nous voulons renverser la hiérarchie des priorités pour Rennes et  reconsidérer le seul objectif chiffré du nombre de logements pour permettre à Rennes d’accueillir ces nouveaux rennais et de les intégrer plutôt que de courir toujours après une politique du chiffre. Cela peut vouloir dire faire une pause dans l’augmentation permanente du nombre de logements ou du moins ne pas surpasser les objectifs des 1500 nouveaux logements.

 

Le bilan de vos 40 ans, c’est ce patrimoine appauvri, l’atteinte au patrimoine architectural et paysager de certaines zones.

Vous êtes comptables de tout ce qui s’est détruit. Votre politique du chiffre à tout prix ne vous permet pas de conserver certains éléments patrimoniaux en les intégrant dans des constructions neuves (c’est vous-même qui m’aviez fait cette réponse en conseil en juin 2015). La ville se reconstruit sur elle-même…et moins de 1% des logements est détruit chaque année. Ce sont des pourcents particulièrement visibles.  Nous voulons renverser la hiérarchie des priorités et mieux intégrer le patrimoine Rennais dans la ville de demain.

 

Le bilan de vos 40 ans c’est à de rares exceptions près, ce style sans style qui donne le sentiment d’une ville anonyme qui n’a pas su conserver sa marque architecturale locale. Nous voulons inverser la hiérarchie des priorités et faire confiance aux dessinateurs et constructeurs de cette ville pour lui permettre d’être plus audacieuse tout en étant baignée de son histoire patrimoniale.

Le bilan de vos  40 ans ce sont des transports saturés. Nous voulons inverser la hiérarchie des priorités et faire évoluer les modes de transport à Rennes. Développer les mobilités douces non pas par la contrainte en chassant la voiture de la ville par l’absence de possibilité de parking et en punissant ceux qui en restent dépendants mais en proposant une diversité de modes de déplacement aux Rennais qui allie TC et mobilités douces et surtout en intégrant dès la conception de nouveaux projets urbains les nouvelles mobilités qui permettront aux nouveaux habitants de choisir et non de subir leur mobilité.

 

 

La nature en ville et en creux le reproche fait très souvent à Rennes d’être trop minérale trop bétonnée, la nature en ville est perçue dans le quotidien immédiat des Rennais, dans leur logement, leur immeuble, leurs déplacements du quotidien.

Ce n’est pas uniquement une question de nombre d’arbres par habitants (encore votre politique du chiffre) qui certes à Rennes avec notamment le parc des Gayeulles mais aussi les prairies St Martin que les Rennais peuvent maintenant découvrir, fait monter le score.

Nous voulons renverser la hiérarchie des priorités et notre responsabilité sera de réussir à réintroduire la nature dans le quotidien des Rennais et non pas uniquement dans les parcs si jolis soient-ils et arrêter la bétonisation de cette ville.

Enfin en matière de coconstructon, de démocratie participative nous voulons inverser la hiérarchie des priorités en faisant vraiment confiance aux habitants et en respectant leur avis d’expert de la vie de leurs quartiers.

Nous voulons faire de Rennes une ville des courtes distances, une ville qui prend soin de l’accueil de ses nouveaux habitants, une ville qui fait confiance à ses bâtisseurs pour se reconstruire sur elle-même de façon audacieuse mais aussi respectueuse de son patrimoine, une ville qui ne soucie pas que des chiffres et la quantité mais qui veille à préserver la qualité de vie de ses habitants dans leur quotidien, une ville respectueuse de son environnement et innovante dans la construction écologique de ces nouveaux quartiers.

 

Vous le voyez Mme le maire, tout cela n’est pas une question de hauteurs de tours comme Mr Sémeril aime à le résumer.

Dans votre méthode de concertation verticale que j’ai déjà eu l’occasion de détailler ici et qui vise à informer plus qu’à concerter et qui plus vous dites vouloir organiser une concertation plus vous organisons en fait une frustration,  Mr Sémeril avait sèchement répondu aux habitants que de toutes les façons il était élu jusqu’en 2020. Le fameux « cause toujours ».

Au lieu de tuer le débat dans l’œuf en annonçant votre réponse avant même qu’il se tienne dans un article de Mr l’adjoint à l’urbanisme de la presse locale vendredi et affirmer qu’il y a une minorité de projets qui suscitent des réactions, interrogez plutôt la réponse que vous avez apportée depuis des années à ces citoyens qui se mobilisent et que vous avez grandement découragés.

 

En mars 2020 les Rennais choisiront un nouveau projet municipal. Nous leur proposerons une traduction concrète des grandes orientations que je viens de présenter. Notre responsabilité sera de leur proposer un projet d’urbanisme à taille humaine et concerté tout en gardant l’ambition de faire de notre métropole une métropole attractive ET qui respecte ses habitants.

Mme la Maire, en échangeant avec un Rennais ce we à propos de la densité et de la cohérence des quartiers, sa réponse a été glaçante. « Ah ! C’est un sujet important. Enfin bon il est déjà trop tard. Mais bon…Espérons qu’il n’est jamais trop tard. »

 

Je vous remercie.

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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