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Antoine Cressard intervient sur l’extension du périmètre de stationnement payant sur 4 quartiers

Madame La Maire, chers collègues

Vous nous demandez, dans cette délibération, d’étendre le périmètre de stationnement payant sur 4  quartiers : Sud Gare, Saint Martin, Bourg L’évêque/La Touche/Moulin du Comte et Thabor/St Hélier/Alphonse Guérin, avec une première salve concernant trois secteurs : Sud Gare, le Thabor et la Touche.

Cette mesure va avoir pour effet de rendre payante, environ 1000 places de stationnement sur voirie, actuellement gratuites.

Comme de nombreux rennais, nous nous interrogeons sur l’opportunité d’une telle décision.

En effet, elle arrive après une série récente de mesures, allant dans le sens d’une réduction drastique de la place de la voiture dans la ville : doublement de l’amende en centre ville, augmentation significative et globale des tarifs de stationnement depuis le 1er Janvier 2018 et, disparition effective ou  programmée de nombreuses places de parking sur voirie, dans le cadre du réaménagement des quartiers, à proximité des futures stations de la ligne B du métro.

Nous avons voté ces mesures, car  soit elles concernaient le centre ville et ses problèmes spécifiques de congestion automobile, soit elles s’inscrivaient dans un plan cohérent de modes de déplacements alternatifs à la voiture.

Mais aujourd’hui, cette extension de la zone payante de stationnement ne nous parait pas indispensable, car nous n’en  connaissons pas l’efficacité réelle.

En effet, la principale justification de cette décision est la lutte contre les voitures ventouses, qui stationnent dans les quartiers aux abords immédiats du centre ville.

C’est un réel problème, que votre solution ne résoudra probablement pas :

– Même en rendant payant les places de stationnement, les riverains ne seront pas assurer de trouver une place à proximité de leur logement, bien qu’ils aient payé un tarif spécifique résident dans ce but.

– Cette solution n’aura de l’effet que pendant un temps car, à force d’étendre le stationnement payant de plus en plus loin du centre ville, les automobilistes seront tentés de revenir occuper ces places certes payantes, mais plus proches du centre ville, ce qui est déjà, souvent le cas.

– Enfin, pour les irréductibles qui refusent de payer, cette mesure déplace le problème vers un autre secteur de stationnement non payant.

Précisons en plus, que contrairement à ce que vous dites, si certains des riverains demandent cette mesure, beaucoup n’y sont pas favorables, comme l’avait  montrée en 2015, la fronde des habitants de la rue Alphonse Guérin, contre l’implantation d’un stationnement payant devant chez eux.  Quoi qu’il en soit, l’absence de concertation sur un tel sujet est inacceptable, mais pas surprenant de votre part,  comme viennent d’en témoigner les représentants du conseil de quartier de Sud Gare qui la vivent comme une décision arbitraire.

Nous pensons que, cette mesure proposée ce soir, relève davantage d’un réflexe, d’un automatisme idéologique à l’encontre de l’automobile. Vous opposez les différents modes de mobilités et de déplacements individuels et collectifs, alors que nous pensons qu’il faut agir avec plus de pragmatisme et de nuances.

Dans un contexte où la motorisation des ménages est de 90 voitures pour 100 ménages, on se doit de chercher des modes alternatifs à l’automobile mais on ne peut balayer d’un revers de main, le fait que beaucoup de rennais ont besoin de leurs véhicules, pour se rendre à leur travail ou pour se déplacer dans l’agglomération, ce qui participe aussi au dynamisme de celle-ci. De plus, on sait que le futur PLU limitera à 0,7 le nombre d’aire de stationnement exigible par logement, ce qui risque d’augmenter automatiquement le nombre de véhicules en stationnement sur voirie. C’est pourquoi, nous vous demandons d’avoir une approche beaucoup plus réaliste et pragmatique de ces problèmes.

Sommes-nous au moins certain de la fiabilité de cette mesure, que vous avez appliqué à plusieurs reprises ces dernières années ?

Elle peut à la rigueur se justifier dans des cas très précis et localisés pour débloquer une situation inextricable mais vous en avez fait l’alpha et l’oméga de votre lutte contre la présence des voitures ventouses, dans les quartiers périphériques au centre ville.

Y a t-il une étude d’impact qui valide l’efficacité de cette mesure contre celles-ci?

Si ce n’est pas le cas, Madame la Maire, nous vous demandons d’en réaliser une sur l’ensemble de la Ville.

 

Pour finir, je citerai notre collègue Madame Rault, qui déclarait en novembre 2016 dans la presse locale, à l’occasion de la mise en stationnement payant de rues dans le secteur Chézy-Dinan, que pour lutter contre le stationnement pendulaire et limiter  le trafic de voiture en ville : « Plus on  rendra le stationnement difficile, plus les gens hésiteront à prendre leur véhicule ». Cette déclaration est très éclairante sur cette approche de votre municipalité sur la problématique du stationnement à Rennes.

C’est cette vision punitive que nous ne partageons pas avec vous. C’est pourquoi, nous ne voterons pas cette délibération.

Je vous remercie13 CRESSARD

Bertrand Plouvier
Bertrand Plouvier
Secrétaire national de l’UMP et responsable du mouvement pour Rennes et Rennes Métropole, Bertrand est engagé en politique depuis près de vingt ans. Candidat aux municipales et cantonales en 2008, il entre alors au conseil municipal. En 2012, il conduit l’union de la droite et du centre aux législatives sur la 2e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Depuis, Bertrand a été directeur de la campagne de Bruno Chavanat aux dernières municipales et préside notre groupe Alternance 2020. Il est agent général d’assurances de profession, installé dans le centre-ville de Rennes. Bertrand est marié et père de quatre enfants.

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